Poèmes de jeunesse

30/05/69

SOUS UNE FRANGE

(à la manière de Baudelaire)


Cachés sous le frange

Divine candeur,

Rayons de mon ange

Venez sur mon cœur

Aimer dans l’étrange,

Envie de mon cœur

Cachés sous la frange

De votre candeur.

 

Le songe en silence,

L’espoir en rayons,

Venez dans la danse

Plongez ma passion

Elan de la chance,

Sourire mignon,

Mon cœur se balance

Etrange rayon.

 

La rive fangeuse

Enlace un miroir

D’une eau mystérieuse;

Cachée dans le noir

Près du désespoir

Mon âme amoureuse

Revoit en rêveuse

Ma frange d’espoir.


28/01/69
Egalouzarile


Sybaline

Ralève, alédo, mélève

Vendasine

Ibal colimour des nèves.

 
Ubalave

Polavel galimeno

Gelbosave

Dulina matine adélau.

 
Poliroune

Agladée vilacèle abeur

Dol afoune

Siphale, épalon, solneur.

 
Eribale

Inoulève déalion

Ovitrabe

Ulimoniol colunion.

 
Odovale

Simoulède amonciol

Modiopale

Oumène di alétiol.

 
Edamune

Pouraclan ducinol

Ovidune

Outiave sielle abol.


07/01/69

Isolement

 

Intérieur noir

Plein d’anciennes couleurs

Retrait

De l’enthousiasme perdu

Et l’horizon défiguré.

Faiblesse

D’un pouvoir impossible

Cœur touché

Au milieu d’une cible lointaine.

 

Un élan

Retenu dans le dos

Une force

Maintenue dans le dos

C’est l’immonde cadeau.

 

Sommet

Des neiges éternelles

Cœur

De l’Amazonie

Centre de gravité d’une terre inhumaine,

Epsilon

Dérivée infinie

De l’incommensurable.

 

Nostalgie

Du pays de l’amour

Nostalgie

De la grâce féminine

Et l’idéal du rêve

Enfoui, abandonné dans une nostalgie.

 

Solitude

Impitoyable solitude

Emiettement de l’espérance

Ou bien

Temps des douleurs atroces

Impuissance morale

Rancoeur

Ennemie de l’espoir

Âme soumise, éreintée, oubliée dans la peur

La peur de vivre seul.


05/01/69

Espérance

 

Regard vers l’avenir

Solide le cœur

Chaîne tendue

Dirigée vers un coin de lumière.

 

C’est l’espoir

Le beau rêve du soir

Puissante et l’imagination

En dehors de l’action

Vers le sublime

D’une candeur voilée.

Les journées de pastel

De montées vers le ciel

Mécanisme puissant

Construit par l’idéal.

 

Un royal édifice

Les mille et une nuits

Dans un siècle cosmos

Dans un siècle ébranlé.

Le pur en l’infernal.

 

Fureur

Plaisir

Douceur et force du vouloir

Passion de l’homme.

Soubresauts répandus dans l’infini du vide

Ascension du cœur

Vital utile et nécessaire

Sans contrainte

Plaisir.

 

Jeu de hasard

Dirigé par l’idée enflammée

Directive

Progressive

Dans l’allégresse et la tristesse.

Inutilité

Résultat négatif

Les moments du bonheur,

Tendance essentielle

Résultat positif

Et les pleurs achevés ;

La vie

Mélancolie

Tu n’es que de la joie

Triomphe de la demande

Grandiose aspiration.

 

Un rien suite de tout

Grandeur de l’âme.


23/12/68

Image

 

Image vole

Et devient folle

Dans mes rêves d’amour.

 

Dans cette flore

Versicolore

Prolonge donc ton cours.

 

Image tourne,

Reviens retourne

Et berce mes pensées.

 

Où tu me mènes

Où tu m’entraînes

Je vois nos destinées.

 

Image blonde

Poursuis ta ronde

Dans mes songes en feu.

 

Où tu t’élances

Il y a la chance

D’un grand cœur amoureux.


14/10/68
Nouvelle attente

Mon cœur voltige
Sur la tige
D’une fleur.

La fleur se ferme
Car son germe
Est candeur.

Mon corps s’anime
D’une mine
De douleur.

Comprendra-t-elle
Cette belle
Mon malheur ?

L’amour la prie
Pour la vie
Le bonheur.

Ma flamme est pure
Le futur
C'est son coeur.

 


04/01/69

Les yeux

 

Vision qui me réjouit

Et mon esprit s’élève

Ebloui par le rêve,

Constamment ébloui,

Et mes yeux toujours fixes.

 

Les lumières directes,

Phares étincelants,

Reflets magnétisants,

Et les larmes m’humectent,

Et mes yeux toujours fixes.

 

Regard vers deux feux ronds,

Eclats de ce regard,

Yeux indirects, hagards,

Ces mêmes feux marron

Et mes yeux toujours fixes.

 

Reflets de la pensée ;

Eclairs, venus du cœur,

Aux mouvements charmeurs,

La pensée dévoilée

Et mes yeux toujours fixes.

19/03/69

L’astre du rêve

 

C’est le soir et la lune est pleine du soleil,

Elle est là toute ronde aux heures du sommeil

Et son humble présence apaise nos chimères

En veillant bien sur nous et tout comme une mère.

 

Un nuage d’or pâle et un peu allongé

Passe tout devant elle en prenant sa clarté,

Couleur nouvelle, douce et emplie de magie

Car elle vient le soir avec sa nostalgie.

 

Couleur inachevée dans son achèvement

Car j’attendais la joie au moins pour un moment,

Mais elle est la tristesse et la monotonie,

Ajoutant à mes yeux quelque mélancolie.

 

Pourtant elle a vécu toujours dans un regret,

Mais un regret sans pleur, un regret du passé,

Ce souvenir d’un acte heureux et qui s’achève,

Rappel sans joie, sans mal, qui fini dans un rêve.

 

Rien, pas un mouvement, rien, calme, toujours rien.

Ce n’est ni le néant, ni le vide, aucun lien ;

La lune est ce mystère où au hasard je pense,

Une image nocturne ou mes rêves s’élancent.

 

Dans la torpeur ambiante au règne nébuleux,

Plongé dans ce climat j’ai presque fait un vœux ;

Sorcellerie étrange au cœur du crépuscule

Qui plus tard, dans la nuit, me mène noctambule.

 

Mais le songe est conscient car il me fait plaisir,

J’aime la nuit, paisible et je veux lui ravir

Cette étoile d’amour, protégée par la lune,

Une blonde enflammée dans l’immensité brune.


10/03/69
La chanson rouge

La chanson veloutée qui reste en ma mémoire,

La chanson de toujours impressionnant mon cœur,

L’harmonieuse musique aux doux reflets de moire.

M’enveloppe à l’instant dans sa douce torpeur.

 
Ecoutez la langueur

De cette chanson rouge,

Celle qui bouge

Dans mon cœur.

 

Quel sorcier mystérieux forgea cette assonance,

Quel génie, quel artiste assembla plusieurs sons

Composant clairement la lente résonance,

Faut-il qu’il ait vécu ces fragments d’oraisons !

 
Ecoutez la langueur

De cette chanson rouge

Celle qui bouge

Dans mon cœur.

 
Une simple chanson toute frêle et tremblante,

Une chanson d’amour et rouge comme lui,

Celui qui fait aimer les amants, les amantes,

En rêves rouge et purs, purs comme son doux bruit.

 
Ecoutez la langueur

De cette chanson rouge,

Celle qui bouge

Dans mon cœur.

 
Elle a frémi un jour dans l’âme qui l’a faite,

Elle frémit plus tard dans celle qui l’entend,

Ses accords langoureux pénètrent dans  ma tête

Délaissant la raison devant le sentiment.

 

Ecoutez la langueur

De cette chanson rouge,

Celle qui bouge

Dans mon cœur.

 
C’est le plaintif appel d’une atmosphère inquiète

Dans la vague amoureuse au reflux attirant,

Au long rythme enchanteur des notes qui s’émiettent

Une à une, en douceur, sublime envoûtement.

 
Ecoutez la langueur

De cette chanson rouge,

Celle qui bouge

Dans mon cœur.

 

Le rouge sensitif d’un son et d’un teinte,

Qui prend le corps entier d’un poète amoureux,

Emprisonne le cœur dans ses chaudes étreintes ;

Ecoutez sa musique en ce modeste aveu.

 

Ecoutez la langueur

De cette chanson rouge,

Celle qui bouge

Dans mon cœur.


21/01/69

Mathématiques

 

Deux équations

Trois inconnues

Problème.

 

Rapport

D’une circonférence

Et d’un diamètre

Mais où en est la fin.

 

Racine de moins un

Division de zéros

Réponse

Et le cube de un divisé par zéro

Résultat.

 

Dérivée infinie d’un sinus

Valeur de l’infini

Tendre vers l’asymptote,

Valeur.

 

Insolubilité

Et je fais une erreur

Mais quelle erreur

Est-elle relative ou est-elle absolue

Incertitude ne me délaisse pas dans ton incertitude.

 

Où suis-je

Et ou en suis-je ?

 

Ax² +bx +c

N’est pas fait pour le cœur

Adieu tous les calculs

Pour l’émancipation

De l’âme d’un humain.

 

La vie n’est pas un théorème

La vie

Mais elle est dans la joie

Que nous devons créer

En s’élever dans le sublime

Pour aimer et pour vivre.


18/01/69

Jeunesse

 

Où tu cours

Où tu cours

Il y a la vie dont tu as peur.

Inquiétude

Des jours futurs

Inconnus

Insondables et riches.

 

Lendemain

Jour maudit

Réveil de la méfiance

Et le courage titube

Je ne sais où je vais

Je ne sais où j’irai

Que peut-il m’arriver,

Que puis-je faire,

Je suis seul ;

Trouverai-je mon rêve au détour du chemin ?

Je ne sais,

Je vis de mes chimères

De mon passé d’enfant

De l’espérance et de ma flamme.

 

Plaques tournantes riches d’entraves

Le noir, le rouge, l’abîme et le plafond

Seul

Choisir

Changement difficile

Responsabilité

Ici ou là,

Ambition entravée par la non connaissance

Ou par la connaissance

L’horizon dans la brume et le flou

Reflets dans les vitrines d’une bijouterie

La valeur d’un objet

A quel prix

Et quelles privations !

 

Recherche

Forte que l’on peut ouvrir

Et qui ne s’ouvre pas, sauf à longue échéance

Quand tu ne seras plus là

 

Jeunesse…


31/12/68

Chimère

 

Rêve, rideau de lune

Rêve, nuée de brumes

Vision pastellisée

Les flous soleils voilés

Ombre fugitive des chimères inviolables.

 

Image aux ondes rituelles

Passage harmonieuses vitesses

Trouble d’un vieux liquide

Agité dans un vase.

 

Mouvements

Le verre dépoli

Mouvements

Vaporeuse fumée

Nuages dans le vent

Mouvements.

 

Réel imaginaire

Invention de l’extase

Pâles et feux plaisirs

Amour dans l’inconscience.

 

Prismes, couleurs, reflets

Dans la merveilleuse inconstance

Rêve surnaturel

Evasion de l’âme

Dans la pensée des jours meilleurs.


28/12/68

Dévotion

 

A l’ombre d’un mouvement noir

Loin le soleil par  un vitrail

Se rapproche de l’arc-en-ciel.

 

Mystère des branches voûtées.

Forme des mains purifiantes

Dans la clarté des reflets d’or.

 

Sans calmes, doux et sombres

Du côté des éclats

Du côté nébuleux

D’une étrange pénombre